Entretien avec Yann Le Cun, directeur du laboratoire d’intelligence artificielle du réseau social Facebook.

Comment l’intelligence pourrait-elle se définir ? On dit souvent qu’elle est « l’ensemble des processus de pensée d’un être vivant qui lui permettent de comprendre, d’apprendre ou de s’adapter à des situations nouvelles ». Cette phrase est certainement très intelligente, mais elle est un peu vague : elle ne précise pas, par exemple, dans quelle mesure on doit considérer que le sens commun fait partie de l’intelligence.

Par ailleurs, le sens du mot « intelligence » est-il le même selon qu’on parle d’intelligence humaine ou d’intelligence artificielle ? Aujourd’hui, qu’est-ce que la première parvient à faire que la seconde ne peut pas faire, et réciproquement ?

Régulièrement, nous apprenons que l’intelligence artificielle « bat » l’intelligence humaine dans certains secteurs ou dans certaines activités, comme les jeux d’échec ou de go. En d’autres termes, le silicium écrase parfois le neurone. Nous sommes donc des êtres imparfaits, du moins en certains domaines, et nous ne pouvons pas prétendre que nous ne le savons pas. Dès lors, pourrions-nous être tentés d’abandonner notre idéal d’autonomie et de nous confier à la perfection de machines qui pourraient nous relayer, qui pourraient choisir, décider et peut-être même penser à notre place ?

Invité : Yann Le Cun, ingénieur, pionnier dans le domaine du « deep learning » (l’apprentissage profond) est directeur du FAIR (Facebook Artificial Intelligence Research), le laboratoire d’intelligence artificielle du réseau social Facebook.

 

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